Aller vers les jeunes des QPV : retour sur la table ronde ANCT
Le 14 janvier dernier, Les Geeks du Bâtiment ont participé à une table ronde organisée par l’ANCT – Agence nationale de la cohésion des territoires, consacrée aux démarches d’aller-vers des jeunes des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).
Aux côtés des associations soutenues par l’ANCT, cette rencontre a permis de partager retours d’expérience, bonnes pratiques et enseignements du terrain pour mobiliser et insérer durablement les jeunes de 18–25 ans et les bénéficiaires du RSA.
La proximité comme point de départ
Lors de cette table ronde, Florian Du Boys est revenu sur l’origine et l’ADN des Geeks du Bâtiment, fondé sur une conviction forte : la proximité est un levier déterminant de mobilisation.
Nos formations courtes et concrètes sont implantées au cœur des QPV pour toucher directement les jeunes de 18–25 ans et les bénéficiaires du RSA, sans qu’ils aient à franchir de barrières supplémentaires.
Cette proximité n’est pas seulement géographique. Elle est aussi sociale et humaine. Elle s’appuie sur un ancrage associatif local fort – missions locales, clubs de prévention, associations de quartier – et sur des plateaux techniques installés dans des locaux mis à disposition par des bailleurs sociaux partenaires. Ces espaces deviennent de véritables lieux de repérage, de discussion et de projection, ouverts sur le quartier.
Dès le départ, les pouvoirs publics, les bailleurs sociaux et les entreprises locales du bâtiment sont associés à la démarche, du sourcing à la mise à l’emploi. L’objectif est clair et assumé : viser 100 % d’insertion professionnelle.

Chantier formation quartier Python Duvernois, Paris 20ème dans des appartements mis à disposition par la RIVP
Une mobilisation qui n'est pas linéaire
Un point central est ressorti des discussions : le parcours des jeunes n’est jamais linéaire.
Il existe souvent un décalage entre l’envie suscitée par l’action et la capacité immédiate à intégrer une formation, une alternance ou un emploi.
Les freins sont multiples : méfiance vis-à-vis des institutions, difficultés administratives, problèmes de mobilité ou de santé, situations personnelles instables, attachement fort au quartier, ou encore une image dévalorisée des métiers manuels. À cela s’ajoute l’usure de jeunes orientés de dispositif en dispositif, sans débouchés concrets, qui fragilise la confiance.
L’autre enseignement partagé concerne le décalage entre l’envie et la capacité immédiate. L’action peut susciter l’adhésion, l’intérêt, voire l’enthousiasme, sans que le jeune soit pour autant prêt, à cet instant précis, à intégrer un emploi ou une alternance. Cela impose de penser des parcours souples et progressifs, qui sécurisent les étapes plutôt que de brusquer les trajectoires.
Ce qui déclenche l’engagement



Apprenants du quartier de Python Duvernois en apprentissage sur le plateau technique, parfois au cœur même de leur immeuble.
À l’inverse, plusieurs leviers se révèlent efficaces pour créer le déclic. En implantant la formation directement dans le quartier, le projet devient visible et accessible : les familles sont informées, les jeunes viennent spontanément sur le plateau technique pour observer, échanger et se projeter.vient visible, concret, accessible.
La mise en situation réelle est également déterminante. Apprendre par le geste, sur des chantiers accessibles, permet de sortir du cadre scolaire classique et de donner à voir la réalité des métiers, leurs conditions de travail et leurs perspectives. La réussite d’un premier geste technique constitue souvent un moment clé, un déclic qui redonne confiance et permet de se projeter.
L’implication des entrepreneurs du bâtiment dès le début de la formation renforce cette dynamique. Elle crédibilise le parcours et facilite l’accès à l’emploi, en comblant un manque encore trop fréquent : le rôle d’intermédiaire entre les jeunes et les entreprises.
Enfin, la rencontre avec un formateur engagé, à l’écoute, souvent issu du même territoire ou ayant connu des parcours similaires, joue un rôle essentiel. Ces figures de référence, qui transmettent leur passion du métier et suivent les jeunes dans la durée, incarnent un message simple mais puissant : personne ne décidera à ta place, mais c’est possible.
Construire collectivement des réponses durables
Cette table ronde a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives : renforcer les synergies territoriales, travailler en consortium avec les entreprises et consolider les liens entre acteurs publics, associatifs et économiques pour maximiser l’impact auprès des jeunes des QPV.

Les Geeks du Bâtiment remercient chaleureusement l’ANCT pour cette initiative et son soutien de longue date, ainsi que Corinne de La Mettrie, Émilie Juraver, Feryel Turki, Alix Humbert, Jean-Baptiste Fernandes, Stéphanie Benamozig et Samir Guerza, pour la richesse des échanges et les perspectives ouvertes.
Aller vers les jeunes, former par le geste et s’appuyer sur la confiance : c’est sur le terrain que se construisent les parcours durables vers l’emploi.



























